Fédérations

Des liens toujours plus forts avec les fédérations du secteur social et médico-social

En tant que courroie de transmission entre les instances nationales et leurs adhérents, les fédérations jouent un rôle d’alerte sur le contexte des professionnels qu’elles représentent pour permettre, notamment à l’ANS, d’être en totale adéquation avec les enjeux actuels et difficultés auxquels sont confrontés les ESMS. Les points réguliers bilatéraux servent cet objectif : entendre le terrain et répondre par des actions concrètes.

A titre d’illustration, les fédérations du secteur du Domicile ont remonté les difficultés de plusieurs SAAD à obtenir par les conseils départementaux un numéro FINESS, élément clé d’accès au financement Ségur et ESMS numérique. Partant de ce constat, l’ANS a produit un document de communication simple et pédagogique dédié à ces structures pour expliciter le processus d’obtention d’un numéro FINESS et préciser les actions à entreprendre en cas de non-obtention. Les fédérations ont ensuite joué le rôle de relai en se faisant l’écho de ces travaux auprès de leurs adhérents. Cette relation vertueuse est la clé de voûte d’une transformation numérique réussie !

Interview de Julien Jourdan

Directeur général de la Fédésap

Pouvez-vous nous dresser un rapide panorama du contexte actuel des différentes transformations qui s’opèrent dans le secteur de l’aide et de l’accompagnement à domicile ?

La digitalisation du secteur de l’aide et de l’accompagnement à domicile est un sujet structurant et revêt une importance cruciale. Le secteur du Domicile est depuis 2 ans au centre d’une transformation de fond : mettre le numérique au service de l’humain dans une logique de simplification, d’un meilleur pilotage de notre politique de l’autonomie et d’une plus grande transparence et efficience dans l’utilisation de nos deniers publics. De l’avance immédiate du crédit d’impôt « services à la personne », à l’instauration d’un SI PA – PH, la digitalisation du secteur est en marche.

Ma santé 2022, le Ségur du Numérique ou plus globalement le virage numérique portent des enjeux forts pour le secteur. L’échange de données est l’une des clefs de l’avenir de notre système de santé ; chacun (à sa place) devant permettre à l’autre professionnel de bien – mieux faire son travail. Or, les DSI et la culture numérique sont très « jeunes » dans le secteur du Domicile et les enjeux sont, à ce titre, complexes à appréhender pour les dirigeants de structures.

La Fédésap et l’équipe médico-sociale de l’ANS ont des points réguliers pour évoquer les enjeux de transformation numérique pour le secteur du Domicile. Quels sont, selon vous, les apports concrets de ces échanges ?

La Fédésap a toujours fait de la co-construction avec les partenaires publics, une volonté voire un principe de fonctionnement, rompant avec les vieilles pratiques de travail en silo. C’est dans cet état d’esprit positif et volontariste que la Fédésap travaille en proximité avec l’ANS autour d’un objectif commun et partagé, celui d’accompagner au mieux la transformation numérique des SAAD.

Auparavant, grands oubliés des politiques publiques, les Services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) doivent pouvoir désormais être accompagnés dans leur transformation numérique au même titre qu’un CHU, un EHPAD ou un professionnel de santé libéral.

Il faut donc communiquer, informer, questionner, faire remonter des problématiques « terrains », partager de l’information et donner SENS à un projet pouvant parfois être jugé « non-prioritaire ». C’est pourquoi les différents échanges réguliers avec l’ANS sont précieux car ils servent ces objectifs.

Quelles sont vos ambitions pour 2023 ?

De manière ambitieuse mais néanmoins réaliste, la Fédésap a pour priorité d’accompagner ses 3 500 Saad dans la transformation de leur offre de service. Que cela passe par la création des Services autonomie, par la nécessaire et primordiale loi sur le financement du risque autonomie, ou bien par la reconnaissance du rôle des Saad et du professionnalisme des 400 000 aides à domicile, il nous faut pouvoir faire de la volonté des Français de vieillir où ils le souhaitent, une réalité tangible, qualitative et objectivable du point de vue d’une politique publique. Il est évident qu’il n’y aura pas de virage domiciliaire sans virage numérique…et comme en 2022, cette ambition avec l’ANS passera par un travail collectif sur le SENS…ou comment passer de ce qui peut être ressenti comme une obligation à une opportunité de reconnaissance de l’excellence des Saad au sein de notre système de santé.